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RIMBAUD (Jean-Arthur). BONNE
PENSÉE DU MATIN.
Paris,
Éditions « Graphis », 1930.
In-f° en ff, 10 ff n.ch., chemise, porte-f°
imprimé.
Édition Illustré par Gaston-Louis
ROUX de 8 grandes compositions, toutes coloriées
au pochoir. Tirage strictement limité
à 150 ex. numérotés. Sur
fort vélin dArches-cadastre filigrané.
Porte-f° décoré.
"À quatre heures du matin, l'été,
Le sommeil d'amour dure encore [...]
Mais là-bas dans l'immense chantier
Vers le soleil des Hespérides,
En bras de chemise, les charpentiers
Déjà s'agitent."
Ecrits par Rimbaud quelques mois après
l'échec de la Commune et le triomphe
de la bourgeoisie, ces quelques vers où
le poète chante les "Ouvriers charmants"
à qui Vénus portera de l'eau-de-vie
"Pour que leurs forces soient en paix",
revêtent un côté éminemment
satirique. À l'heure où le brave
bourgeois dort tranquille, l'ouvrier trime pour
lui réaliser ses rêves d'un bonheur,
tout illusoire. Gaston-Louis Roux a parfaitement
transposé dans ses compositions le lyrisme
ambigu du poète.
Illustration tout empreinte de fantaisie, de
fraîcheur et de légèreté
par ce peintre, graveur et illustrateur proche
des surréalistes. Très jeune attiré
par la peinture, Gaston-Louis Roux (1904-1988)
entra à l'Académie Ranson, en
1919, où il suivit l'enseignement de
Maurice Denis, Paul Sérusier et Edouard
Vuillard. Dès 1922, il devint assistant
décorateur chez Raoul Dufy. En 1926,
André Malraux et Pascal Pia l'introduisent
dans l'illustration de livres. Il interprétera,
entre autres, quelques textes érotiques
comme Les Exploits d'un jeune Don Juan d'Apollinaire
et Les Plaisirs rhénans de Paul Morand.
Il rencontra André Masson, puis Daniel-
Henri Kahnweiler qui lui fit faire, en 1929,
à 24 ans, sa première exposition
personnelle. La crise interrompit brutalement
ce bel élan.
G.-L. Roux participa à a mission "Dakar-Djibouti"
avec l'ethnologue Michel Leiris.
À son retour, il fréquenta de
nombreux écrivains de l'époque:
Robert Desnos, Roger Vitrac, les Frères
Prévert, Georges Bataille. Tout en continuant
à peindre, il se tournera vers la radio
(Radio Luxembourg, Radio Cité -qu'il
quittera, en désaccord avec la position
collaborationniste adoptée par la station).
Il retourne aussi à l'illustration (États
de veille de Robert Desnos et Chansons de Robert
Ganzo). Une nouvelle grande exposition lui sera
consacrée, Galerie Louise Leiris, en
1947, et il continuera à peindre jusqu'à
la fin de sa vie, revenant au figuratif après
avoir contribué aux courants du cubisme
et de l'abstraction.
Cf longue notice dans BENEZIT, 9.
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