(LEPAPE) MAETERLINCK (MAURICE).
L'OISEAU BLEU. DÉCORS ET COSTUMES POUR
L'OISEAU BLEU.
Préf.
de Gérard d'Houville. P., Le Livre, 1925
et 1927, 2 t. en 2 vol. in-8°, 212 pp, X
pp, 61 pl., plein box ivoire, orné sur
chaque plat d'une composition figurative richement
mosaïquée de box rose, mauve, violet,
vert, jaune, orange, bleu ciel, turquoise, beige
et marron clair, avec semis de points dorés
et filets à l'ser de couleur, représentant
une scène avec son décor de verger,
de store à baldaquin et de cerf-volant
dans le ciel , dos lisse, tête et titre
au palladium, contreplats bord-à-bord
de box gris-bleu, gardes de daim beige; coffret-étui
pour chaque volume, plein box ivoire, premier
plat décoré en relief de trois
formes en creux, à fond de veau retourné
de différentes couleurs, dont deux contenant
chacune une plaque de manganèse vernie
et gravée d'un décor à
l'ser ocre et bleu (Luigi Castiglioni).
TRÈS
RARE RÉUNION de ces deux ouvrages illustrés
par Georges LEPAPE de 75 aquarelles : 14 dans
le texte (pour le 1er vol. avec le texte) et
61 h.-t. (pour le second vol. consacré
aux décors et costumes). Somptueux coloris
au pochoir par Jean Saudé. Tir. lim.
à 460 ex., pour le 1er volume et à
230 ex., pour le second vol. Exemplaires sur
vélin à la forme. Ensemble habillé
d'une précieuse reliure exécutée
avec soin par Luigi Castiglioni.
CARTERET, IV, 258 : " Très intéressantes
publications recherchées et très
cotées ".
Dans un songe, Tyltyl et Mytyl, deux enfants
d'un pauvre bûcheron ont vu apparaître
la petite fée bossue Bérylune
qui leur demande de quérir l'oiseau bleu.
Elle leur confie un diamant magique pour sésame
qui devrait leur permettre d'accoster aux pays
des souvenirs et de l'avenir, de saisir l'âme
des objets.
Joli conte pour enfants, texte philosophique,
pièce de théâtre "surréaliste
et métaphorique", l'uvre de
Maurice Maeterlinck a autant de facette que
le diamant.
"Cet oiseau tant recherché n'est
qu'un leurre, un animal après lequel
courent deux enfants naïfs et volontaires
et qui, toujours, leur échappera. (
)
Cet oiseau n'est qu'un prétexte pour
faire progresser les enfants (et nous) sur le
chemin de la vie. Nous promenant de monde en
monde, nous découvrons à chaque
fois un nouveau mystère de la vie. Nous
apprenons à voir, à écouter,
à parler et surtout, à réfléchir
au-delà des apparences
" (Sahkti).
(...) Le grand Maeterlinck n'a peut-être
jamais rien écrit de plus profondément,
de plus tendrement merveilleux que cet oiseau
bleu qui azure toujours nos souvenirs de ses
ailes invisibles; car on ne le voit pas; on
le cherche. Tyltyl et Mytil partent à
sa rencontre, et au retour du merveilleux voyage
ils apprennent que cet oiseau ils le possédaient,
le gardaient dans cette humble cage
Mais,
dès qu'ils comprennent et courent à
la cage, l'oiseau s'envole. Le bonheur, pas
plus que l'amour, ne doit être vu par
les yeux vivants, et le mythe de Psyché
est celui de toute réalisaton humaine:
ce que l'on voit, ce que l'on croit tenir, déjà
ne nous appartient plus, déjà
s'est envolé.
Lepape est un oiseau bleu
"Maeterlinck et son admirable conte avaient
bien mérité cette fortune magique
de trouver en Lepape l'artiste capable de les
aimer et de les comprendre. Lepape, à
sa manière, est un Oiseau bleu, un rare
artiste capable de fixer par des couleurs et
des formes quelques aspects de l'insaisissable
fantaisie (...) Il prend quelquefois la poésie
par les ailes, et, des poudres chatoyantes qui
lui restent aux doigts il donne à ses
couleurs des charmes vifs ou secrets, précis
ou impalpables. Il a compris la grâce,
à la fois puérile et parfaite,
des images reflétées par les yeux
des enfants. (...)
Ainsi le choix de Cora Laparcerie, directrice
du Théâtre de Mogador, de confier
les décors et costumes à Georges
Lepape a été largement salué
par les critiques (...)"Alors que tous
ses spectacles étaient mis en scène
dans de vieux décors, pour L'Oiseau bleu
de Maeterlinck elle fit appel à Georges
Lepape qui conçut des décors et
costumes d'une telle audace, d'une telle recherche
dans la nouveauté, réussissant
une symbiose totale pour figurer non seulement
les animaux, mais aussi les éléments
naturels, qu'il fit une révolution décorative.
Elle aurait pu être aussi importante que
celles de Bakst, Gesmar ou Bérard. Malheureusement,
Lepape céda à la tentation américaine
et ne fit plus de décors à Paris."
Georges Lepape ou L'Élégance
illustrée, par Claude Lepape et Thierry
Defert (Herscher, 1983).
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